IFM en intérim : 10 % du brut, exceptions et lignes à vérifier sur la paie
L’IFM en intérim, ou indemnité de fin de mission, est un point essentiel à vérifier quand une mission se termine. Elle correspond en principe à 10 % du salaire brut total perçu pendant la mission et compense la précarité du contrat temporaire. Elle n’est toutefois pas due dans tous les cas.
Pour lire correctement votre paie, il faut savoir ce qui entre dans le calcul, quand l’indemnité est versée, comment elle apparaît sur le bulletin et dans quelles situations elle peut manquer. Voici une explication claire, avec des exemples chiffrés et les cas particuliers à connaître.
À quoi sert l’IFM en intérim et qui la verse ?
L’indemnité de fin de mission est une indemnité légale prévue pour les salariés intérimaires lorsque leur contrat arrive à son terme. Elle est liée à la nature temporaire de l’intérim : la mission a une fin prévue, même si elle peut parfois être prolongée ou aménagée par une période de souplesse.
Quiz IFM en intérim
En pratique, l’IFM est versée par l’entreprise de travail temporaire, c’est-à-dire l’agence d’intérim qui vous emploie juridiquement. L’entreprise utilisatrice, celle dans laquelle vous travaillez réellement, ne vous paie pas directement votre salaire ni votre IFM. Pour la paie, le bulletin, le solde de tout compte ou une réclamation, votre interlocuteur reste donc l’agence.
Une indemnité différente du salaire classique
L’IFM n’est pas un salaire de base supplémentaire ni une prime laissée à la libre appréciation de l’agence. Elle est due lorsque les conditions légales sont réunies. Elle s’ajoute à la rémunération de la mission et se calcule à partir du salaire brut total, ce qui inclut notamment le salaire de base, les heures supplémentaires et certaines primes liées à la mission.
Cette indemnité est encadrée par le Code du travail, notamment les articles L. 1251-32 et L. 1251-33. Le taux légal couramment appliqué est de 10 % du salaire brut total. Elle est aussi soumise aux charges sociales et fiscales, comme les autres éléments de rémunération imposables.
IFM, ICCP et prime de précarité : ne pas tout confondre
L’IFM est souvent appelée, par abus de langage, prime de précarité. L’idée est proche : compenser la fin d’un contrat temporaire. Mais en intérim, le terme exact reste indemnité de fin de mission. Elle ne doit pas non plus être confondue avec l’indemnité compensatrice de congés payés, ou ICCP, qui correspond aux congés payés acquis pendant la mission et non pris.
| Élément de paie | Ce qu’il compense | Base de calcul |
|---|---|---|
| IFM | La fin d’une mission d’intérim | En principe 10 % du salaire brut total de la mission |
| ICCP | Les congés payés acquis et non pris | Rémunération ouvrant droit aux congés payés |
| Prime de précarité en CDD | La fin d’un contrat à durée déterminée | Règles propres au CDD |
Les situations où l’IFM est due, et celles où elle ne l’est pas
Le principe est simple : si votre mission d’intérim se termine normalement, sans embauche immédiate en CDI et sans cas d’exclusion, l’IFM doit être versée. Dans la réalité, les fins de mission peuvent prendre plusieurs formes : fin prévue au contrat, prolongation, rupture anticipée, faute, formation, proposition de CDI. C’est là que les différences comptent.
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Les cas courants où l’intérimaire y a droit
Vous avez généralement droit à l’IFM lorsque vous allez jusqu’au terme de votre contrat de mission et que l’entreprise utilisatrice ne vous embauche pas immédiatement en CDI. C’est le cas le plus fréquent : vous avez travaillé la période prévue, la mission s’arrête, puis l’agence d’intérim règle votre rémunération avec l’indemnité correspondante.
L’IFM peut aussi être due lorsque plusieurs contrats de mission se succèdent, selon la manière dont ils sont juridiquement établis. Il est donc utile de vérifier chaque contrat et chaque bulletin de paie, surtout si vous enchaînez des missions courtes pour la même entreprise utilisatrice ou via la même agence.
Les principaux cas d’exclusion
L’IFM n’est pas due dans plusieurs situations connues. Elle peut notamment être exclue si vous êtes embauché immédiatement en CDI par l’entreprise utilisatrice à l’issue de la mission, car la précarité liée à la fin de mission disparaît. Elle peut également ne pas être versée en cas de rupture anticipée à votre initiative, de faute grave ou dans certains contrats particuliers comme une mission-formation.
Les contrats de professionnalisation, certains dispositifs de formation comme le CDPI ou le CIPI, ainsi que les situations relevant d’une mission liée à la formation professionnelle doivent être regardés avec attention. Il ne faut pas raisonner seulement à partir du mot “intérim” : c’est la nature exacte du contrat et le motif de fin qui déterminent le droit à l’IFM.
CDI intérimaire : un cas à part
Le CDI intérimaire fonctionne différemment d’une mission d’intérim classique. Dans ce statut, vous êtes lié à l’entreprise de travail temporaire par un contrat à durée indéterminée, avec des périodes de mission et parfois des intermissions. La logique de précarité indemnisée à chaque fin de mission n’est donc pas la même.
Si vous êtes en CDI intérimaire, il ne faut pas appliquer automatiquement le réflexe “fin de mission = IFM”. Vos droits dépendent du régime de votre contrat, de votre rémunération minimale garantie et des règles applicables aux périodes travaillées ou non travaillées. En cas de doute, demandez à votre agence une explication écrite sur le statut de votre contrat et sur les lignes de paie concernées.
Calcul de l’IFM : la méthode simple, puis les pièges à éviter
Le calcul de base est facile à retenir : IFM brute = salaire brut total de la mission × 10 %. Le point le plus important n’est donc pas la formule, mais la composition du salaire brut total. Si certains éléments de rémunération sont oubliés, le montant de l’indemnité peut être sous-évalué.
Ce qui entre dans la base de calcul
La base de calcul inclut le salaire brut de la mission, mais aussi les éléments de rémunération liés au travail effectué, comme les heures supplémentaires et les primes entrant dans le salaire brut. Une prime de nuit, une prime de panier soumise aux règles de paie applicables, une majoration d’heures ou une prime de performance peuvent donc influencer le montant final selon leur nature.
Pour vérifier correctement votre IFM, partez du salaire brut total et non du seul taux horaire. Chaque heure travaillée, chaque majoration et chaque prime comptent dans la base. Si vous ne regardez qu’un salaire de départ, vous risquez de sous-estimer le montant dû en fin de mission.
Exemples chiffrés pour vérifier rapidement
Si votre salaire brut total sur une mission est de 3 597,75 €, l’IFM brute correspond à 10 % de ce montant, soit 359,77 € brut. Ce montant brut apparaît ensuite sur la fiche de paie et subit les cotisations sociales et fiscales applicables.
| Salaire brut total de mission | Taux IFM | IFM brute | Estimation nette avec 23 % de charges sociales |
|---|---|---|---|
| 1 500,00 € | 10 % | 150,00 € | 115,50 € |
| 2 800,00 € | 10 % | 280,00 € | 215,60 € |
| 3 597,75 € | 10 % | 359,77 € | 277,02 € |
L’estimation nette ci-dessus utilise un exemple de 23 % de charges sociales. Elle sert à comprendre l’écart entre brut et net, mais le montant réellement versé peut varier selon votre situation de paie, les cotisations applicables et le prélèvement à la source.
Brut, net et impôt : ce qu’il faut anticiper
L’IFM est soumise aux charges sociales et fiscales. Autrement dit, le montant brut calculé à 10 % n’est pas toujours celui qui arrive sur votre compte bancaire. Sur votre bulletin, vous pouvez voir l’indemnité en brut, puis son impact dans le net à payer après cotisations.
Elle entre aussi dans la rémunération imposable. Si vous êtes soumis au prélèvement à la source, l’impôt peut être prélevé directement sur la paie concernée. C’est l’une des raisons pour lesquelles le net payé en fin de mission peut sembler inférieur à ce que vous aviez calculé en additionnant simplement salaire et IFM brute.
Versement et fiche de paie : où regarder concrètement ?
L’IFM est versée à la fin de la mission, sauf exception. Dans la pratique, elle apparaît sur le bulletin de paie correspondant à la période de fin de mission ou sur le solde de tout compte. Certaines agences paient selon un calendrier fixe ; par exemple, un versement le 11 du mois suivant la fin de mission peut être prévu dans certaines organisations de paie. Il faut donc vérifier les règles de votre agence et les dates indiquées dans vos documents.
Les lignes à contrôler sur le bulletin
Sur la fiche de paie, cherchez une ligne intitulée “IFM”, “indemnité de fin de mission” ou une formulation proche. Elle doit être identifiable, car elle figure obligatoirement sur le bulletin lorsqu’elle est due. Vérifiez ensuite trois points : la base de salaire brut utilisée, le taux appliqué et le montant brut obtenu.
- Le taux indiqué doit correspondre à 10 %, sauf cas particulier prévu par les règles applicables.
- La base doit intégrer le salaire brut total de la mission concernée.
- Le montant doit être cohérent avec vos heures, primes et majorations.
- L’ICCP doit être distinguée de l’IFM, même si les deux apparaissent sur le même bulletin.
Documents utiles à conserver
Pour contrôler vos droits, gardez vos contrats de mission, avenants, relevés d’heures, bulletins de paie et échanges écrits avec l’agence. Ces documents sont essentiels si vous devez demander une correction. Ils permettent de reconstituer la rémunération brute totale et d’identifier une éventuelle erreur de base, de période ou de statut.
Si vous utilisez un simulateur ou un calculateur d’IFM, saisissez toujours les montants bruts, pas les montants nets. Un calcul effectué à partir du net peut fausser le résultat, car les cotisations ne s’appliquent pas de manière identique selon les lignes de paie.
Que faire si l’IFM n’est pas versée ou semble incorrecte ?
Un oubli ou une erreur de calcul peut arriver, surtout en cas de mission prolongée, de contrats successifs, de régularisation d’heures ou de primes versées après coup. Avant de conclure à un litige, commencez par vérifier si vous êtes bien dans un cas ouvrant droit à l’IFM et si le calendrier de paie de l’agence ne prévoit pas un versement différé au mois suivant.
La démarche progressive à suivre
Contactez d’abord votre agence d’intérim avec une demande claire et factuelle. Indiquez la mission concernée, les dates, le bulletin de paie en question et le montant que vous pensez devoir recevoir. Joignez si possible votre calcul : salaire brut total × 10 %. Une demande précise obtient souvent une réponse plus rapide qu’une contestation générale.
- Relisez votre contrat de mission et le motif de fin de mission.
- Vérifiez si une embauche immédiate en CDI, une rupture à votre initiative ou une faute grave peut expliquer l’absence d’IFM.
- Comparez le salaire brut total avec la base retenue sur le bulletin.
- Demandez une explication écrite à l’agence d’intérim.
- En l’absence de réponse satisfaisante, conservez tous les justificatifs pour engager une démarche de contestation.
Quand demander une régularisation
Demandez une régularisation si l’IFM est absente alors que la mission s’est terminée normalement, si le taux appliqué n’est pas cohérent, ou si certaines rémunérations brutes liées à la mission semblent avoir été oubliées dans la base de calcul. La régularisation peut prendre la forme d’un bulletin complémentaire ou d’une correction sur une paie suivante.
Le bon réflexe consiste à agir rapidement, tant que les documents sont faciles à retrouver et que l’agence peut vérifier la mission sans délai. Une réclamation argumentée, appuyée par les bulletins et contrats, permet de clarifier la situation sans dramatiser. L’IFM est un droit important, mais son versement dépend toujours de la situation contractuelle exacte : c’est cette vérification qui fait la différence entre une erreur de paie et une exclusion légitime.
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